Surimi, crevette, anchois? Pour l'heure il s'appelle Crab. Nous allons voir ce dont il est capable, Crab. Il marche droit en tout cas, droit devant lui. Sans un regard pour les cons, ni les congres. Aristocrate au sang d'encre, l'écorché-vif pourrait être son blason. Il a laissé ouverte la porte de sa rage, et crache avec élégance. Cette élégance qui est la politesse, fortuite, des vrais. Car Crab ne triche pas d'un pouce, ne varie pas d'un iota. La nuit ne lui fait pas peur. Mais la lumière l'intéresse t-il? En connaît-il la beauté? Saura t-il la chanter, lui qui si bien sut affronter l'ombre.
A deux doigts du succès, mais accroché à ses fantômes comme à une bouée au beau milieu "des champs de betteraves, de la Somme, de L'Aisne et de l'Oise". Est-ce grave, rock'n'roll, cette maladie? Est-ce que ça passe? Et si la détresse était une carapace? Ça t'ennuierait, petite?
Au-delà du poignant brouillard, il y'a chez Crab ce culot rock, cette nervosité frontale, ce droit inaliénable au désespoir. Sera t-il d'accord que les belles chansons tristes - comme les siennes - peuvent rendre heureux puisqu'elles donnent du plaisir? Poing d'interrogation. Car Crab inspire plus de questions que de réponses, ce qui n'est pas la moindre de ses nombreuses qualités. Et puis il y'a sa musique, noire et or, mélancolique... que de "couleuvres avalées, sous la voûte du ciel, enroulé dans les linceuls". Seul, Crab? Ils sont des milliers, armée de l'ombre, à lui emboîter le pas. Et il marche droit.
Depuis 2005, Philippe Crab propose ses chansons sombres, souvent autobiographiques. Autant de récits directs et sans concession, où la noirceur du propos contraste avec la vigueur des compositions. Les références musicales en sont multiples, de Bashung à Frank Black, de Gainsbourg à The Divine Comedy.
Auteur, compositeur, interprète, il apporte un soin particulier à l'écriture de ses textes ; là encore ses influences sont variées : Beckett, Céline, Chevillard... C'est en référence à ce dernier qu'il a choisi son pseudonyme (La nébuleuse du crabe). Il alterne et mêle voix chantées et voix récitatives, tout en proposant des musiques riches et soigneusement orchestrées.
De cet effort est sorti en 2005 un premier album, « L'autre soir », puis un second intitulé « La chambre » en 2008. Des souffrances du jeune Hector au désarroi de l'aspirant-poète Crab, de la révolte d'un lombalgique écarté du monde du travail à la fuite d'un amoureux déçu vers Alpha Centauri, les frontières se brouillent entre réel et fiction. Tout en poursuivant son exploration des aliénations, des résignations, des « morts sociales » lentes et insidieuses, Crab retrouve ainsi le plaisir de raconter des histoires, de faire le narrateur...
"Bestiaire" (2011)
Le radeau / Nous n'irons pas aux Pays-Bas / A minima / Métarmorphose / L'automne au bois de Vincennes / Un vieux professeur / Bestiaire / ...dans le bureau / Novembre au matin / Don Quichotte et les éoliennes
"La Chambre" (2008)
La chambre / L'aventure économique / La forteresse / Adonis / Vaillant petit tailleur / Le blues des champs de betteraves / Alpha Centauri / Mouvements d'Hector / Minus / Les Insomnies / Le train 1555
"L'Autre Soir" (2005)
L'Autre Soir / Courage / Après la nuit / Maigres théories / Les grands escogriffes / Les petites danses / A la grand'messe / Sous le bois, Léon / Le marcheur / Martin Eden / Le Train 5555
"L'angle choisi (le décalage poétique plutôt qu'un naturalisme sordide) autorise Crab à ne pas hurler ses intentions et surprendre à chaque chanson. Les quatre murs de cette Chambre augurant de beaux lendemains." PINKUSHION
"Il n'est pas une pale copie carbone, Philippe Crab est une découverte. Son premier album est un pur joyau musical, une empreinte indélébile." THEFRENCHTOUCH
"C'est peu dire qu'on en pince fort pour Crab." M-LA-MUSIC.NET
"Sur son album, Philippe Crab invente la chanson ambulatoire : ses onze morceaux arrangés minutieusement aux limites de la chanson, du rock et du jazz nous promènent d'une rive à l'autre. Mais les paroles ne sont pas en reste, délivrées en flot continu, nous fouettant le visage comme des embruns. Un univers vraiment original." POPNEWS.COM
"Philippe Crab séduit d'emblée par des textes mélancoliques qui racontent des histoire de solitude, de mecs largués. Sa musique elle aussi, très belle, très évocatrice laisse présager un bel avenir à Philippe Crab." BENZINE
"L'instrumentation variée est à la hauteur des textes. Un bien bel album, qui pour un premier essai laisse augurer le meilleur... " A DECOUVRIR ABSOLUMENT
"Directe, récitative et habitée, la chanson-rock de Philippe Crab bouscule et égratigne. Sa voix grave et chaude entête comme un métronome dadaïste. Un album globalement torturé, mais passionnant." MUSIQUALITE.NET
"Une orchestration bien ficelée accompagne cette voix mi-récitée, mi-chantée, tantôt fond sonore, tantôt plus ancrée dans la tradition pop-rock. "L'Autre Soir" est une première mise en bouche plutôt délectueuse que l'on s'empressera de ranger quelque part entre Bashung et Sarapascal." KRONICS