Il est des oeuvres qui lassent aussi vite qu'elles plaisent, d'autres, au contraire, que l'on ne finit pas de découvrir. Les chansons de Jean-Daniel sont alambiquées, peut-être, mais Seigneur que la lumière est grande au bout de l'alambic! Musicien jouisseur et jouissif, formé au jazz surréaliste, il joue avec les formes, les rimes et les rythmes. Ses compositions métaphysiques, délicats bordels, d'abord déroutent, puis vous ramènent à elles au milieu de la nuit, ondoyants "rubans
sonores", lorsque vous ne vous y attendiez plus. "Fils de l'ouragan, enfant balafré des rafales", il faut oser embarquer sur son galion-ivre, s'abandonner au "sel de ses mains d'argent" dans cette chaloupe où la "muse est démuselée".
Il serait plus simple c'est vrai, d'ignorer son art plutôt que d'y entrer, car ce très modeste énergumène ne nous mâche pas le travail et fait confiance à nos tympans. Ce serait pourtant nous priver de certaines dimensions étranges, cruciales, de nous encore inconnues. Oui, il y a du "raffut sur ce rafiot" où Jean-Daniel a passé le funk, la poésie et le jazz au mixer pour faire, "à dos de boulevard", de vraiment naïves et savantes chansons "dont la ville se moque". Multi instrumentiste inventif, chansonneur buissonnier, gamin inquiet, il baise nos pieds sur le front et embrasse nos oreilles sur la bouche.
Parlons un peu du passé... Contrebassiste, Jean-Daniel Botta a accompagné de nombreux musiciens de jazz de la scène parisienne, et américains comme Eddie Henderson et Robert Glasper. Il a aussi joué dans la pièce "Love suprême", en hommage à John Coltrane. Côté rock, il a fondé le groupe "La Furia" avec lequel il a assuré des premières parties de FFF et Silmarils au Zénith de Toulon.
Et puis soudain, Jean-Daniel décide d'écrire et enregistrer des chansons : des textes qui mêlent humour et mélancolie avec malice, à travers des personnages drôles ou mystérieux, des chansons dans lesquelles les ritournelles se superposent allègrement sous des bidouillages habiles. Il est sélectionné au festival Sémaphore en Chanson et remporte le prix de la SACEM auteur compositeur 2006. Compositeur, il commence à travailler sur les textes de Léonore Boulanger qui publie l'album "Contretemps". En 2008, il joue au Zèbre de Belleville et sort son premier album "Papillons de Paris".
Sur ce premier album, on trouve bien évidemment d'autres membres du label - Philippe Crab à la guitare, Antoine Loyer et Léonore Boulanger à la voix - mais aussi ses fidèles camarades Laurent Sériès et Alexandre Saada, musicien de jazz au remarqué premier album "Panic Circus", sur lequel Jean-Daniel Botta pose sa voix. L'arrivée dans cette équipe de Kaïs Saadi au oud ajoute enfin une couleur orientale nouvelle dans l'univers musical de Jean-Daniel Botta, toujours aussi ouvert, piochant avec bonheur dans la pop, le jazz, la folk et la chanson.
Amis d'hier / Dans l'allure / Mystérieux mistigri / Le mauvais temps / La chanson de tes pas / Papillons de Paris / Western / Petit tour de piste / Les torts d'Arthur / Le cercle de la couleuvre / Tic-tac
"Si l'étiquette est folk, on notera des accents jazz, grave! Et une touche world, tonique! C'est fun, c'est funky aussi, un joyeux bazar!" LONGUEUR D'ONDES
"Pour tromper l'ennui, Jean-Daniel Botta se fâche avec l'hiver, observe les papillons et écoute chanter des pas... Étrange, me direz-vous. Attirant pourrait-on rétorquer en découvrant ce disque empreint de surréalisme, de précieux et de poésie classique. En Mystérieux mistigri, le jeune homme attrape dans ses griffes fragiles des flûtes, un glockenspiel, une scie musicale ou un toy piano. Il bâtit alors avec sa bande des tableaux singuliers, légers et bricolés. Bordés par une voix douce à l'allure frêle, androgyne et troublante. Presque comme si Jay Jay Johanson s'était essayé à la langue de Vian. De l'écume de Boris, Botta s'inspire peut-être pour planter des personnages loufoques de cow-boy à cran, d'automate philanthrope ou de pitre utopiste. Il prend même sur la fin de l'opus un élan rock dans Les torts d'Arthur, sous fond d'oud hystérique, et dans Le cercle de la couleuvre où des hommes tentent de flotter. Étrange, me dites-vous encore? Affirmatif. Un être ange et démon, à l'ambivalence qu'il faut s'empresser d'attraper avec un filet à papillon." FRANCOFANS
"Jean-Daniel Botta a poussé dans différents pots musicaux avant de trouver son propre terreau. Mais au-delà de ces échos au goût de déjà entendus (Bumcello, Dominique A, Yann Tiersen, Matthieu Boggaerts), émerge une sève originale, celle d'« un pitre utopiste » qui « voyage avec des chansons dans son cartable ». Un artiste à surveiller du coin de l'oeil, car la métamorphose du papillon est en cours!" KRONICS
"Des textes pleins d'ironie, de malice et de seconds
degrés. Un ouvrage à la fois pop, folk et jazz... A télécharger d'urgence!" ZICAZIC