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Conversations avec Boris Wolowiec (5 January 2018)

Boris Wolowiec est un poète grand comme un gardien de but. Son « Espace d’écriture bleu-nuit » est une des plus crépitantes pages de poésie sur l’internet. On peut y découvrir l’intégralité de son travail. On peut lire Wolowiec : En voiture on baisse les vitres et chaque nouvelle partie du cerveau s’engouffre comme un courant d’air maitrisé jusqu’aux trous de nez. On peut le lire aussi en mangeant des cornichons, les cornichons sont les doigts qu’on a perdus en donnant à boire aux bocaux.

Il y a une colonne « Conversations » avec Ivar Ch’vavar, Philippe Jaffeux, Eric Chevillard, Laurent Albarracin… Ces échanges c’est un peu la grande courroie de distribution du rami. On y apprend à enlever le mauvais oeil de ses lunettes, éternuer des nez de clowns. Grande classe de neige des poètes où l’on cause aussi bien de Lionel Messi que de Jean Dubuffet : il y a vraiment de quoi s’agrandir le front avec de la fièvre. On a l’impression qu’une salière de neurones toute neuve vous tombe sur la tête. « Parler nuit » disait mon grand père, mais « trop parler bleu-nuit » , on a l’impression d’empocher des lampes, de se faire craquer le costume avec des faisceaux.

Le truc intéressant qui nous fait trembler les flageolets de la voix c’est que, depuis quelques jours ont été publiées de nouvelles correspondances avec Léonore Boulanger, Philippe Crab, Sing Sing (Arlt) et Jean-Daniel Botta. Ainsi le monde n’est plus coupé en deux, poètes et chanteurs conversent, la table de ping-pong qui est la table du bleu se referme, quelques balles restent coincées entre les deux hémisphères du cerveau, on a la pomme d’Adam déréglée par des excès de salive, l’hiver respire comme un bleu, et comme le dit si bien Boris Wolowiec « L’enfant cherche à savoir si le chien dort plus vite que le chat. »




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