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IL EST 6H45 (23 January 2013)

Le 17 janv. 2013 à 06:53, philippe.crab a écrit :

et me voilà soudain pris d’une envie irrépressible de t’écrire ; certes c’est parce que ton souvenir en moi réveille quantités d’ondes positives tandis que je regarde vaguement mon reflet hagard dans ma tasse de café luisant, je ne croyais pas que c’était possible, mais si, et j’ai une bien sale gueule au petit matin ; c’est aussi, plus prosaïquement, pour convenir d’un rendez-vous la semaine prochaine, pour jouer du bouzouki et autre tympanon, il est temps de fixer les dates, et voilà donc quelques propositions : pourrais-tu, voudrais-tu, Lundi, ou Mardi, ou Mercredi, ou Jeudi prochains, l’après-midi à chaque fois, et si possible assez tôt (c’est-à-dire dès 14h, voire une minuscule demi-heure avant – bien entendu je viendrais chez toi à moins que you would prefer not to, of course) ?

dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie d’imprégner, messire, votre distinguée éponge de liquide vaisselle

signé : toujours moi.

Le 1/20/2013 16:45, Botta jean-daniel a écrit :

Cher tu,

Pardonnes ce retard, cette réponse qui, vacante, (entorse à la promptitude), peut être à bon droit considérée comme une forme d’impéritie dans le commerce et les us, un affront au sensorium de qui se fait une haute idée de l’amitié. Mais ce retard n’est pas congruent à quelques rogatons de tempérament méditerranéen dont je subirais les derniers reflux, et qui sont trop connus pour être le substrat d’un caractère aboulique, sans contredit: propension à surseoir, bagou élusif et dilatoire. Non il ne s’agit là que d’un voyage à Bad kissingen,  d’un vaillant petit bassiste qui gagne son pain dans les Germanies, et le retour fut long hier, tant congères et autres impédiments firent obstacles à notre trajet. Mais me voici bel et bien ici et la semaine prochaine t’est dédiée; disons mardi— Ô mon prééminent ami !!! et ce sera avec une joie sans commune mesure que je te recevrais ce mardi afin que nous travaillions ces chansons qui sont les vôtres et auxquelles je voue une admiration sans pareille et que seule une forme de pudicité certes un peu désuète dissuade de me voir clamer aux quatre vents quelles sont l’acmé harmonique de leur domaine, assertion que je pourrais étayer, soutenir, face aux assemblées les plus rétives … au misonéisme ambiant, et autres contempteurs de tout poils …

jd

Le 20 janv. 2013 à 18:56, philippe.crab a écrit :

Est-ce que je pardonne ? Mais pardonner quoi, à qui ?

Grande question, tant la colère a grandi et s’est accumulée en moi depuis mes primes années, jusqu’à former ces funestes concrétions noirâtres qui perturbent dangereusement ma circulation (on croirait le périph), ce que j’appelle mon sang noir, mais tu parles, c’est pas du sang, cet amalgame, c’est du fiel solidifié, de la bile en glaçon… Pardonnerai-je un jour à cette foutue espèce humaine, moi qui n’aspirais qu’au bonheur du polype, l’hébétude de la carpe, l’ovalité de l’oeuf ? Et autres éructations, je pourrais remplir bien des pages jusqu’à l’embolie pulmonaire.

Me faisant violence, je tourne la page, et poursuis d’un ton plus doux.

Entre autres mérites, ton mail (appelons un chat un chat) aura eu celui de me faire prendre (rageusement, m’emmerde avec son beau langage) le dictionnaire, car j’avoue en effet qu’impédiment, aboulique et autres misonéismes m’effrayèrent un instant (me charmant dans le même temps, comme une nouvelle couleur, cela va sans dire, car tout ici est dans le non-dit, le non dit qu’on dit, mais dans les parenthèses – j’avoue que je commence à me perdre moi-même dans ces savantes circonvolutions, après tout mon père est militaire, pas astrophysicien, ni poète – bref ton gentil message a PRESQUE rattrapé trois jours de silence, certes il semble que tu n’y pouvais rien, et alors ?).

Fermons toutes les parenthèses, ouvrons tous les guillemets, et jetons-nous à l’eau : « Mardi, fantastique ! » 14h ? code ?

Vous aimant tout de même, je vous serre la paluche, tapote Léonore au plus près de l’os iliaque, et c’est à peu près tout…

F

Le 1/21/2013 15:47, Botta jean-daniel a écrit :

Ce sera demain 14h — ouverture B 975, considérons l’hiver avéré, soit: t’équiper comme il convient dans ces givres et souffles glaçants; il fut un temps, un temps d’avant les hipsters, les geeks où le tapabor eut été des plus approprié, mais les modes changent nonobstant nous n’assistons toujours pas au retour du tapabor, pourtant si je puis m’exprimer par apophtegme je dirai que: « Si froid légifère, tapabor règne sur la vêture ». Aussi subséquemment au pianotage du code, il te faudra pousser la porte en prenant garde de bien enjamber une petite flaque sise juste devant, sorte de paillasson aquatique dont l’utilité m’échappe encore, mais qui, si l’on est un temps soit peu distrait, aura pour seuls effets d’humidifier la voûte plantaire et selon les précipitations du jour mouiller jusqu’à l’empeigne de tes Doc Martens …

je t’attends

Jiji Dadule

Le 21 janv. 2013 à 16:08, philippe.crab a écrit :

Comment tu as pu deviner que je mettrais mes doc martens demain, cela dépasse mon entendement et je renonce à comprendre, encore un don développé en passant au modal, j’en suis sûr. Tapabor n’ai pas, mais Chapka Monoprix oui ; mais, hautement sensible au ridicule, sachant en outre, que tout faux-pas peut m’être fatal (jusques et y compris le pas dans la flaque, petite flaque pour toi, mais pour moi profond lac, merci donc pour le tuyau si j’ose dire), je viendrai nu tête, sans préjugé, tambour, ni trompette. Mais avec ma guitare, ma bite et mon couteau (rayez la/les mention(s) inutile(s))

A demain,

Fifi la crapule

Le 1/21/2013 19:35, Botta jean-daniel a écrit :

Se peut-il que le passage au modal soit concomitant avec cette divination, ou que le dit passage m’octroya telle prérogative ?

Je n’ose imaginer quelles dispositions et facultés inouïes, tes lieders doivent  dispenser, si toutefois nous ne nous égarons là en de joyeux paralogismes.

Quant au ridicule de l’habitus soit rassuré, il sera dans ces froids hyperboréens rien moins qu’inaperçu, tant la gente se presse en ses pénates, — en outre il ne m’a jamais été permis de constater chez toi, aucunes erreurs concernant le choix des lainages, la coupe d’un veston, qui eussent pu durablement s’installer en ma mémoire, et de fait altérer la haute idée que je me fais de ton apparence, savoir: un être raffiné dont la prestance est consubstantielle à un intellect en tout point remarquable.




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